Algie Vasculaire de la Face (AVF) : Guide et conseils

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La douleur faciale est fréquente et affecte souvent la qualité de vie. Il faut connaître leur sémiologie pour détecter leur cause et adapter leur traitement.

Symptômes :

Il existe deux tableaux cliniques à distinguer.

Algie vasculaire de la face aigüe

Elle touche le plus souvent l’homme jeune, sous la forme d’une crise très douloureuse :

  • strictement unilatérale et toujours du même côté
  • à prédominance orbitaire et temporale
  • durant de 30 secondes à 2 heures, se répétant de 1 à 8 fois par jour
  • survenant par « accès » ou épisodes 1 à 2 fois par an
  • accompagnée d’une injection conjonctivale avec larmoiement, rhinorrhée ou congestion de transpiration nasale, faciale et, dans la moitié des cas, du syndrome de Claude Bernard-Horner.

Témoignage de Diane, souffrante d’AVF :

Traitement

Le traitement de la crise peut être l’instillation intranasale, dans la fosse sphénopalatine, d’une solution de lidocaïne, ou l’inhalation d’O2 à l’aide d’un concentrateur d’oxygène à un débit de 7 à 8 litres/minute ; mais les triptans sont actuellement plus efficaces : injection sous-cutanée ou spray nasal de sumatriptan (Imigrane) ou prise d’un comprimé de Zolmitriptan (Zomig).

Le traitement préventif est le propranolol (Avlocardyl), voire le Désernil, le lithium ou les corticostéroïdes, ceci sous étroite surveillance. L’alcool doit être banni.

Une variante est l’hémicrânie paroxystique chronique, caractérisée par la fréquence très élevée des crises (5 à 30 par jour) et touchant surtout les femmes. La disparition complète des crises sous indométhacine est un bon critère diagnostique.

Névralgie du trijumeau

Elle survient généralement après l’âge de 50 à 60 ans et touche trois femmes pour un homme.

Il s’agit d’une douleur faciale intense, paroxystique, unilatérale et fulgurante, comme une décharge électrique, un meulage ou un coup de poignard pendant quelques secondes ou minutes. La névralgie du trijumeau est :

  • Spontanée ou déclenchée par la parole, la mastication, ou même le simple contact d’un territoire cutané ou muqueux appelé « zone gâchette » ;
  • pouvant entraîner une anomalie motrice à type de grimace : c’est le  » tic douloureux de la face  » de Trousseau ;
  • survenant par accès (fréquence variable), diurnes, séparés par un intervalle libre ;
  • et dont la topographie est celle du V2 (nerf maxillaire supérieur) surtout, moins souvent celle du V3 (nerf maxillaire inférieur) ou celle de V2 + V3, beaucoup plus rarement celle du V1 (nerf ophtalmique de Willis).

L’examen neurologique est normal : pas d’anomalie des autres nerfs crâniens.

Aucun examen complémentaire n’est utile pour le diagnostic.

Le traitement médical est le Tegretol (beaucoup plus efficace que le Liorésal, le Dihydan ou le Rivotril).

En cas d’échec ou si le Tégrétol est mal toléré, il faut avoir recours au spécialiste : thermocoagulation sélective du ganglion de Gasser par voie percutanée ou décompression vasculaire microchirurgicale du nerf trijumeau seront proposées en fonction de l’âge ou du terrain.

La névralgie du trijumeau est différente de la névralgie symptomatique (ou secondaire) du même nerf, qui n’est pas paroxystique mais durable, sans zone gâchette, et qui présente divers troubles neurologiques. Il est alors nécessaire de rechercher une cause : SEP, syringobulbie, syndrome de Wallenberg, tumeurs de l’angle pontocérébelleux, cholestéatome, méningiome, méningo-radiculite, syndrome de Sjögren, sarcoïdose… Un avis neurologique, le scanner ou l’IRM sont ici indispensables.

L’algie n’évolue pas par crises

Ces tableaux douloureux sont multiples, il est nécessaire d’écouter le patient pour poser le diagnostic.

Sinusite aiguë :

Sinusite maxillaire aigüe:

Elle fait suite à une rhinite, des bains, des plongeons, plus rarement une extraction dentaire ou un abcès, elle est généralement unilatérale et se traduit par :

  • Des céphalées latéro-nasales parfois pulsatiles, augmentées par l’inclinaison de la tête en avant ;
  • une rhinorrhée ± purulente, une toux et une fièvre (<38,5°C en général).

Le diagnostic est établi par des images de type Blondeau montrant une opacité, parfois un niveau liquide.

La suspension frontale aiguë :

Elle se traduit par des céphalées sus-orbitaires, parfois un larmoiement et une photophobie. Des images crâniennes ou un scanner sont indiqués.

Sinusite sphénoïdale aiguë :

Elle est rare, mais grave. Elle entraîne des céphalées rétro-orbitaires qui irradient vers le vertex et l’occiput, souvent nocturnes et insomniantes, résistant aux antalgiques. Le scanner est indispensable pour le diagnostic.

Algies d’origine stomatologique :

Elles sont liées :

  • à un syndrome de Costen (dysfonctionnement temporo-mandibulaire), qui s’exprime par des crispations, des protrusions, des subluxations de la mandibule ;
  • à un trouble de l’articulé dentaire ;
  • à une canine incluse se développant …

Tout ce qui concerne les soins stomatologiques.

Le zona ophtalmique :

Il a une place particulière puisqu’il est  » visible « . La localisation frontale, lacrymale ou nasale selon la branche du nerf ophtalmique est parfois très douloureuse. Il faut savoir que la douleur peut précéder l’éruption, caractéristique par son érythème et ses vésicules. Un avis ophtalmologique est indispensable en raison du risque de kératite ou d’iridocyclite.Le traitement est l’aciclovir (Zovirax) ou le valaciclovir (Zélitrex) par voie orale.

Il ne faut pas oublier le zona du ganglion géniculé, qui provoque une éruption dans la zone de Ramsay-Hunt (conduit auditif externe, conque de l’oreille).

L’érysipèle de la face et le staphylocoque malin de la face :

L’érysipèle de la face (avec sa plaque rouge et son rebord périphérique) et le staphylocoque malin de la face (succédant à un furoncle médio-facial) ont un aspect important. L’érysipèle, dû au streptocoque du groupe A, est un traitement par pénicilline G IV relayé par l’amoxicilline orale après obtention d’une apyrexie. Les staphylococcies nécessitent une hospitalisation en urgence pour une antibiothérapie parentérale.